J'aime pas les gens !

 

C'est un fait établit : ça ne date pas d'hier !
Même quand j'étais petit, j'aimais pas ma grand-mère.
Elle était grosse et molle et essayait tout le temps
de me lécher la fiole  avec sa bouche sans dents.
Son haleine puait la mort; elle bavait comme une truie.

Je m'en rappelle encore... Je hais les vieux depuis !

Une paire d'année plus tard, j'avais pas mal poussé
et, rendons à César, j'étais un vrai boulet.
Maman, qu'était pas
dupe, n'eut pas vraiment le choix :
c'est à l'école, cette pute, qu'elle inscrivit sa croix
puisque la pauvre mémé n'en était plus capable !
Je l'avais trépané à grands coups de cartable...

Ca n'a pas pris longtemps pour que l'on me repère
comme potentiellement chiant, modèle grave et sévère.
La maîtresse essaya bien de m'amadouer.
C'est à coups de compas que je l'ai éborgnée.
Sa remplaçante, la conne, crut à un accident.
C'était une vraie pomme. Elle aimait les enfants !

Maman pria son Dieu, comprenant que son chiard
était un dangereux sociopathe . Un vicelard !
Lorsqu'elle voulut agir, me faire disparaître,
j'avais un grand sourire en lui broyant la tête.
Mon père qui était bon ne lui survit qu'un jour :
j'empoisonnais ce con. On crut à de l'amour...

Les années qui suivirent, celles de l'orphelinat,
furent peut être les pires niveau assassinat.
Aucun flic ne soupçonne un gamin de dix ans !
J'ai pu tuer huit personnes en guise d'entraînement.
Un pauvre balayeur, des meurtres, fut accusé.
Je rentrais au collège quand il fut zigouillé.

Le collège, c'est super : personne ne se méfie !
Même le pire pervers, en jouant la comédie,
passera pour normal parmi les braves gens.
Des incidents fatals au sein des enseignants
furent les seules travers que je m'autorisais
en sachant dur comme fer que je me rattraperai.

Arrivé au lycée, je dus me contrôler
pour jouer les benêts au lieu de tous les tuer.
A part cinq ou six blondes tronçonnées dans des sacs
j'ai bien trompé mon monde et j'ai même eu mon bac'.
Après, j'avais projeté, une fois en faculté,
d'apprendre à disséquer découper, massacrer...

Hélas ce fut la guerre. Je fus mobilisé
sans savoir que mes pairs m'encourageraient à tuer.
Et au cœur des batailles, parmi tous les mourants,
piétinant la tripaille je pris un pied géant.
Quand tout fut terminé, j'étais monté en grade.
Je restais dans l'armée avec mes camarades.

Fous, sadiques, assassins, ne prenez plus de risque :
que ce soit fantassin ou bien dans la musique,
dans un tank de métal ou dans un bombardier,
d'une attirance fatale, faîtes donc un métier !
Devenez un soldat et vous massacrerez,
bénis par les médias, en toute impunité.

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