Roulez jeunesse !

Auteur : Joël Houssin

Collection : Le Dobermann

Éditeur : Fleuve Noir

Date de parution : Octobre 1984


18ème tome de la saga "le Dobermann"

Tome 18 : Roulez jeunesse ! (illustration Liberatore)

Résumé de l'auteur :
Pour l'anniversaire de Moustique, personne n'avait mégoté.
Au menu, on affichait terrine de gelée de cons, avocats marrons, gibiers de potence, pots de vache, salades variées et bombes glacées.
Entre les dragées et les pralines, certains tombèrent sur un os.
Et le pruneau facilite pas toujours la digestion.
Sale temps pour les truffes.

Commentaires :
Après les péripéties salingues du dernier épisode, il serait normal de se reposer un peu. Ben voyons ! C'est reparti au pas de charge. Des petits merdeux qui braquent carrément le Dob et son gang, le frangin de Christini "la Hyène", des chinetoques qui rient quand ils se brûlent et l'Abbé qui perd son pucelage. L'auteur nous a concocté un vrai sac d'embrouille avec des dialogues fleuris qui n'auraient pas dénoté dans la bouche d'un Gabin ou d'un Lino et des rebondissements qui font passer "Terminator" pour un épisode d'"Hélène et les garçons". Et après, y en a qui diront que j'ai pas d'culture !

Morceau choisi :

(Moustique est chez le coiffeur. Ca fait des heures que le merlan le torture et se paie sa fiole... )
Devant l'indifférence de Moustique à ses salades, l'andouille tente le coup du mépris
_ J'vois que monsieur ne s'intéresse pas à ses cheveux, bonnit le pénible.
Moustique lâche un soupir, retire son tablier et quitte le fauteuil.
_ Mais, monsieur, proteste le coiffeur, je n'ai pas terminé !
_ Ca ira comme ça, bougonne Moustique. Le jour où j'aurai un mec dans le nez, j'lui recommanderai votre taule. Y s'ra pas déçu du voyage.
_ J'ai obtenu le premier prix au concours de Milan, monsieur, se rebiffe le concombre.
_ Premier prix ? glousse Moustique en griffant son blouson sur la patère. Premier prix de connerie, oui ! T'as dû refiler du dos aux juges, c'est pas possible autrement.
_ Je ne vous permets pas ! s'insurge le branque.
Moustique trouve aucun antidote au renaud qui l'envahit. D'abord partant pour une rossée à la régulière, il se ravise, empoigne le maladroit par le colbac et l'assoit sur un fauteuil. A l'aide d'un tablier, il le ficelle au siège. L'autre truffe proteste :
_ Mais... mais... Vous êtes fou ! Qu'est-ce que vous faites ? A l'aide !
Moustique se tourne vers les deux apprentis et la shampouineuse qui, sidérés, friment la corrida.
_ Bougez pas ! il avertit. J'en ai pour deux minutes.
La menace est inutile. Aucun des trois employés n'a l'intention de se mouiller pour prendre les patins de ce grand pédoque qui leur fait chier la bite à longueur de journée. Au contraire. Il bichent à l'idée de ce que va inventer ce micheton furibard pour punir le prétentieux.
Moustique empoigne la tondeuse électrique.
_ T'as aucun look, mec ! se marre Moustique. T'as l'air d'un petit fonctionnaire minable. J'vais changer ça. Tu me remercieras après.
Le merlan se met à gueuler comme un putois quand Moustique, la paluche ferme et précise, lui attaque la crinière. Grand élagage de printemps. Le malheureux paume ses plumes par touffes épaisses. Moustique, la menteuse pointée sous l'effort, lui taille de vastes allées entre les étiquettes. C'est magique. En une demi-douzaine d'aller et retour de tondeuse, le gland ressemble à un Sioux, avec une crête hirsute au sommet d'une coupole en peau de fesses.
Le coiffeur, halluciné par son propre reflet, moufte plus.
_ Voilà ! exulte Moustique en balançant la tondeuse dans l'évier. Bien dégagé derrière les oreilles. T'as plus qu'à te teindre la mèche en vert et j'te garantis un franc succès du coté de Beaubourg. Maintenant, on est quitte. J't'en sers cinq, banane !